Un p'tit blog sympa qui parle un peu de moi!
Mes chères lectrices,

Ce billet est sûrement le plus original, voire audacieux, que j'ai rédigé.
Mon goût pour l'écriture (et les vernis!) n'ont plus de secret pour vous désormais. Mais savez-vous que je me suis lancée un défi, celui de participer au 1er challenge de l'atelier d'écriture créative orchestré par Parisian ShoeGals???
Caroline nous propose de prendre notre plus belle plume et d'écrire un texte avec 15 mots imposés, et en s'inspirant de la phrase suivante:
"N'entends-tu pas monter l'appel de la nuit, les cris des oiseaux de proie et la lune qui se lève alors qu'hurlent les loups...".
Mots imposés: écarlate/ humeur de verrat hépatique/ procrastination/ virago/ scie égoïne/ pédibus/ nonobstant/ cautèle/ caboulot/ Lacryma Christi/ des langueurs de chat/ gloser/ ésotérique/ cicérone/ pérégrination.
Pas de minimum à rédiger mais un maximum de 4 pages à ne pas dépasser.
Chaque écrit sera soumis à un jury (journaliste culturelle, écrivain publié, éditrice, critique littéraire) qui désignera 3 finalistes. Ce sont ensuite les lecteurs qui éliront leur favori.
Je peux vous dire que l'exercice fut périlleux mais tellement stimulant (pour mon cerveau de presque-quadra).
Alors tant pis si je fais un flop au lieu d'être au top, mais j'ai pris beaucoup de plaisir à le faire!
Voici ma participation:
"Le caboulot d'en face fait le plein ce soir. L'enseigne lumineuse écarlate, psychédélique, y est sûrement pour quelque chose... On n'aurait pas mieux fait à Las Vegas!
La gérante, Rosabaya, odieuse virago au ventre rebondi, fume un cigare sur le pas de la porte. L'épaisse fumée qui sort par son nez, lui donne des airs de dragon gardant l'entrée de sa forteresse. D'une éternelle humeur de verrat hépatique, elle n'attire pas la sympathie.
Pourtant son empire tourne bien, à en croire les rires et la musique qui s'en échappent chaque nuit.
Comme je suis la reine de la procrastination, j'irai y faire un tour demain, avec Vivalto. "Je suis le cicérone du Monde!", proclame-t-il. Il a pourtant perdu de sa superbe à force de s'envoler vers de nombreux paradis artificiels. Sa dernière pérégrination au Pays du Cannabis Levant lui a été fatale: il a laissé quelques neurones sur le sofa défraîchi de son salon...
Il affectionne ce cabaret où l'on avale des litres de Lacryma Christi, en faisant le signe de croix, comme pour sauver son âme.
Je ne bois plus depuis longtemps, mais j'aime regarder ces poupées au regard de b(r)aise, qui se dandinent autour des tables, telles des langueurs de chat.
Vivalto, lui, préfère gloser ma Bible en écrivant tout petit entre les lignes et les versets, pendant que tout s'agite autour de lui.
Quand je le vois faire cela, je lui couperais bien la tête à la scie égoïne, histoire de voir gicler son hémoglobine qui doit être aussi noire que ses yeux!
Je lui ai pourtant interdit de gribouiller sur ce bouquin! Un fidèle client me l'avait offert lors de l'ouverture de ma boutique ésotérique à New York.
Cautèle bien trouvée que d'y écrire au crayon de papier! "Je t'offrirai une gomme pour ton anniversaire", m'avait-il lancé. Je préfèrerais qu'elle efface mes rides. J'aurai 40 ans dans un an et un mois...
Nonobstant cette "manie", il reste mon seul ami de la nuit. Et il me fait tant rire, quand je lui demande ce qu'est un pédibus, et qu'il me répond, en zozotant: "Un bus pour homos?"
Rosabaya tire le rideau de fer de "L'Antidote". Il est 4h22 et je n'ai pas encore fermé... l'oeil de la nuit."
Kisses
Anne
